Malheureusement les nouvelles ne sont toujours pas bonnes en arctique. Le groupe arctica n’est pas du type pessimiste, mais pour le moment la majorité des nouvelles venant de l’Arctique sont alarmantes. Nous ne pouvons pas fermer les yeux sur cette réalité. Aujourd’hui les informations du permafrost ne sont pas bonnes.
De l’Alaska, à la Sibérie en passant par le Canada et le Groenland, le permafrost est entrain de disparaître.
Pour commencer, qu’est ce que le permafrost ? Partant de nos latitudes, au de là de nos grandes forêts du nord, au de là de la steppe, une immensité dénuée de tout arbre où l’herbe très courte et les mousses sont reines parsemées d’un nombre incalculable de lacs. Le sol, lui est gelé sur plusieurs centaines de mètres dans certaines régions. Il est fait d’un conglomérat de terre, de déchet végétal et de glace. Il est aussi dur que du ciment, c’est le permafrost (ou pergélisol en français).
Aujourd’hui, le permafrost s’est mis à fondre irrésistiblement depuis 40 ans. Dans certaines régions, il a carrément disparu.Quel est le facteur de cette disparition ? Encore le réchauffement planétaire !
Cette disparition provoque une grande inquiétude au sein de la communauté scientifique. De grande quantité de gaz à effet de serre sont libérés dans l’atmosphère ce qui accélère le processus du réchauffement climatique. Le cycle infernal est enclenché.
Depuis quinze ans, les spécialistes commencent à comprendre l’ampleur du problème car la rapidité du processus surprend tous les scientifiques.
Le permafrost dépend directement de la montée en température de l’air de surface. Cette dernière a augmenté de 0,5 C° depuis cinquante ans ce qui entraîne une augmentation de 2 à 5 C° dans certaines régions boréales. Ce qui déclanche la fonte de la neige et de la glace tout en ayant une incidence sur leur qualité. Par le recul de ce manteau blanc les rayons solaires sont de moins en moins renvoyés vers le ciel, ils sont absorbés par le sol car devenu plus sombre et donc ce réchauffe. Les dernières simulations climatiques entrevoient une continuité de ce phénomène.
En clair, le permafrost, sensible aux variations thermiques hivernales, voit sa température augmenter rapidement depuis trente ans. La géophysicienne à la commission géologique du Canada, Sharon Smith fait remarqué que dans la région du delta de Mackenzie, le permafrost, à 28 m de profondeur, la température augmente de 0,1 C° par an depuis 1989.
Si le processus continu, dans les profondeurs du permafrost, la glace risque d’atteindre le point de fusion à savoir 0°C. Le géologue à l’université de l’Alaska, Vladimir Romanovsky est le malheureux témoin privilégier de la disparition inexorable du permafrost de 15 cm par an environ. Il fait observer que les derniers relevés en Alaska, le permafrost à fondu sur 2m d’épaisseur depuis vingt ans. C’est une flagrante preuve du réchauffement climatique.
Si les simulations climatiques se révèlent vraies à savoir : +2 C° en 2020, + 4 C° 2050, +7 C° en 2080, la surface du permafrost total devrait céder 18% de sa surface d’ici 2030, 15 à 30% en 2050 et 20% à 35% en 2080. A ce rythme-là, les zones méridionales vont remonter de 300 à 400 Km vers le nord en 2100 !
Les conséquences sont graves. Pour commencer, le permafrost, en fondant, perd de sa stabilité. Depuis 20 ans, en Amérique du Nord ainsi quand Sibérie, les populations vivant sur le permafrost rencontre un nombre incalculable de problèmes liés au dégel du sol. Les maisons se fissurent. Pire, on a noté un bon nombre de glissements de terrain entraînant la destruction d’infrastructures.
L’activité humaine est ralentie par de très sérieuses dégradations des routes, aéroports, bâtiments, oléoducs.Le processus ne fait que s’accélérer.
La lutte contre ces dégradations est désespérée et terriblement coûteuse.
Le département des transports et l’université d’Alaska ont trouvé des méthodes pour essayer d’enrayer ce phénomène, comme la pose de panneaux réfléchissant aux rayons solaires sur les remblais qui soutiennent les routes ou réalisation de conduites de ventilation ou la création de thermosiphons pour extraire la chaleur, voir, même, de faire fondre le permafrost pour le remplacer par un sol stable avant de construire. Toutes ces solutions sont extrêmement coûteuses. Pour exemple, le kilomètre de route, en Alaska, coûte 1,5 million de dollars.
Il y a un danger encore plus grave. Il est au niveau planétaire. La fonte du permafrost libère des gaz à effet de serre comme le CO2, pire, le méthane. Comme nous l’avons vue, la température va aller en augmentant dans un futur proche. Plus l’atmosphère va se réchauffer, plus la fonte du permafrost va s’accélérer, plus le CO2 et le méthane va se libérer, plus l’effet de serre augmentera.
Il faut savoir que dans le permafrost en dehors de la glace mélangé à la terre, il y a toute la matière morte venant des mousses, des déchets végétaux qui se dégradent très lentement grâce au froid.
Par la lenteur du processus, le gaz carbonique produit reste prisonnier dans la glace ainsi que le méthane produit par la lente décomposition de la matière organique dans les fonds des lacs.
Si le sol se réchauffe, le gaz carbonique se libère de la glace. Mais ce n’est pas tout, par la fonte de la glace, l’eau est drainée par le sol qui sèche peu à peu. Le terrain asséché, l’oxygène de l’atmosphère pénètre mieux dans le sol, améliorant l’efficacité des bactéries qui dégrade la matière morte, libérant, ainsi, plus de CO2.
La question que tous les scientifiques se posent non sans inquiétude : Quelle quantité de CO2 se trouve dans le permafrost ?
Il est très difficile de répondre à cette question car il y a des régions où il est difficile de mesurer les quantités de gaz par leur forte variation dans certaine région très difficile d’accès par leur isolement.
Mais l’association internationale du permafrost, avance un taux de 268 gigatonnes, soit environ 16% du carbone organique du sol mondial. Mais beaucoup d’experts disent que l’on est loin du compte car ces résultats prennent en compte uniquement 1m d’épaisseur du permafrost. Il faut savoir que certaines régions de Sibérie, le permafrost peu atteindre 600m.
En prenant cette dernière donnée, on atteint les 400 gigatonnes, soit le quart de la teneur mondiale du sol !
Malgré tout, il est difficile d’avoir une vision exacte de notre climat dans un siècle.
Imaginons le pire des scénarios.Si la totalité des 400 gigatonnes de carbones du permafrost s’évacue dans l’atmosphère, ce qui crée380 gigatonnes de CO2 (à comparer 180 gigatonnes d’augmentation de CO2 par l’activité humaine depuis 1850 !) Ou si la conversion du carbone produit du méthane, je vous laisse imaginer le climat quant, on sait que ce gaz a un effet de serre 25 fois plus puissant. Même si ces simulations sont improbables, il ne reste pas moins que l’impact futur de la fonte du permafrost sera catastrophique.